Particules atmosphériques (PM) : leurs effets sur des mécanismes biologiques
Le stress oxydant : qu’est-ce que c’est ?
Le stress oxydant est un déséquilibre biologique qui peut entrainer des problèmes de santé. Il est caractérisé par une accumulation excessive de radicaux libres, des molécules instables, au détriment des antioxydants, qui sont les molécules chargées de neutraliser les radicaux libres. Ce stress oxydant est un mécanisme normal de défense, cependant, un excès de radicaux libres va pouvoir endommager les cellules et les tissus de l’organisme, ce qui aura des conséquences néfastes sur la santé. Le stress oxydant et le système immunitaire sont étroitement liés, puisqu’ils s’influencent l’un l’autre. Différentes expositions environnementales pourraient moduler le stress oxydant, et induire des modifications des réponses immunitaires, et en particulier les particules atmosphériques. Les données de la cohorte Sepages, nous ont permis d’étudier le rôle des particules fines sur le stress oxydant, et sur la fonction immunitaire.
Comment mesurer l’exposition aux particules fines ?
A partir des capteurs des polluants de l’air portés par les femmes pendant la grossesse, deux indicateurs d’exposition ont été mesurés : la concentration massique des particules dans l’air qui renseigne sur la quantité de particules inhalées et le potentiel oxydant des particules, un indicateur plus récent reflétant la toxicité des particules et plus spécifiquement leur capacité à induire un stress oxydant dans l’organisme.
Comment mesurer le stress oxydant et la réponse immune ?
Trois biomarqueurs du stress oxydant ont été dosés dans les urines recueillies au cours de la grossesse. Les biomarqueurs dosés renseignent sur l’oxydation de certains constituants d’une cellule : les lipides (les graisses) et l’ADN. Leur mesure permet de déterminer si ces composants cellulaires sont endommagés. La réponse immune est évaluée, elle, dans des échantillons de cellules sanguines prélevées lors de la grossesse, dans lesquels la sécrétion d’interleukines (médiateurs solubles de l’immunité) a été dosée.
Résultat principal
Ces études suggèrent que l’exposition au potentiel oxydant des particules fines (PM2.5) est associée à une augmentation d’un biomarqueur d’oxydation de l’ADN, et à une modulation de la réponse immunitaire avec des modifications des taux d’interleukine-8 et d’interleukine-17A. Ce résultat est intéressant car d’autres études montrent un lien entre l’interleukine-17A et les formes sévères d’asthme.
Et la suite ?
Ces résultats suggèrent que l’exposition aux particules fines entrainerait un stress oxydant responsable de dommages sur l’ADN, et modulerait la fonction immunitaire. Des études ultérieures pourraient se pencher sur le rôle des dommages à l’ADN et des interleukines identifiées sur différents paramètres de santé, et notamment ceux liés à la croissance du fœtus, et à la santé respiratoire de l’enfant.
Pour aller plus loin : Anouk Marsal, Laurene Frau, Laurence Chaperot, Ines Amine, Sarah Lyon-Caen, Anne Boudier, Jean-Luc Jaffrezo, Rhabira Elazzouzi, Claire Philippat, Karine Supernant, Johanna Lepeule, Joane Quentin, Ryan Chartier, Sam Bayat, Remy Slama, Gaelle Uzu & Valérie Siroux ; “Personal exposure to air pollutants and immune system biomarkers in pregnant women.” Scientific Reports, 2025 May.
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Anouk Marsal, Jean-Jacques Sauvain, Aurélien Thomas, Sarah Lyon-Caen, Lucille Joanna S. Borlaza, Claire Philippat, Jean-Luc Jaffrezo, Anne Boudier, Sophie Darfeuil, Rhabira Elazzouzi, Johanna Lepeule, Ryan Chartier, Sam Bayat, Rémy Slama, Valérie Siroux, Gaëlle Uzu ; « Effects of personal exposure to the oxidative potential of PM2.5 on oxidative stress biomarkers in pregnant women » Sci. Total Environ., 2024 February
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